Par une journée tout à fait comme les autres, Christine Bridault reçoit un courrier émanant du greffe de la Cour d'assises, l'invitant « à concourir en qualité de jurée titulaire à la formation du jury pour la session de la cour d'assises » Toute absence non justifiée est passible d'une lourde amende.
Christine Bridault, non réjouie de cette annonce, mais ne pouvant s'y soustraire, connaîtra donc en quelques jours le quotidien d'un juré d'assises, la vie d'un tribunal.
Tout d'abord l'interrogatoire des candidats par l'avocat général, et la visite de la prison ; ici la prison de la Santé.
Histoire de se mettre en condition.
Le premier des deux procès auxquels elle doit participer est un procès pour malfaiteurs, et vol à main armée.
Huit accusés (ils ont chacun moins de 30 ans).
Tirage au sort des jurés que l'avocat général et les avocats de la défense ont le droit de récuser, tirage au sort également des quatre jurés suppléants (au cas où l'un des autres jurés serait défaillant). L'équipe doit coûte que coûte être complète.
Vient ensuite le rappel des règles élémentaires de la fonction de juré, à savoir :
Présence ponctuelle sous peine d'amende, prêter une attention soutenue aux débats, prendre les notes qui seront nécessaires au moment du délibéré, le devoir d'impartialité, ne manifester en aucun cas son opinion.
Interdiction formelle de communiquer (la violation de cette interdiction serait un cas de cassation).
Les jurés ayant été informés de cela, vient la lecture de l'ordonnance de mise en accusation, l'audition des témoins, l'interrogation des accusés, etc…
Ce procès durera du 2 mars au 10 mars, samedi inclus et parfois jusqu'à 23 heures.
Interrogation : quels sont les critères de la sanction à prononcer, il est nécessaire de prendre en considération le rapport qu'ont ces jeunes avec la prison, sans pour cela faire preuve de mansuétude.
Vient ensuite le réquisitoire de l'avocat général et les demandes de peines.
Après un isolement total, les jurés doivent être en mesure de délibérer, puis le verdict sera annoncé.
Le 15 mars, cinq jours plus tard, Christine Bridault participera à un deuxième procès pour torture et acte de barbarie.
Pourquoi avoir écrit ce livre : pour répondre à la curiosité de ceux qui ne savent pas ce qu'être juré veut dire, pour témoigner de l'intégrité morale et intellectuelle et de la conscience professionnelle de la justice.
Pour faire savoir à tous ceux qui ont une vie « facile », que vivent autour de nous des gens qui se débattent sans déraper, mais qu'il y a aussi les brebis galeuses, des jeunes délinquants pour qui faire un casse pour se procurer de l'argent facile est une chose tout à fait normal.
Etre juré est une période d'isolement total, de doute, d'émotions, un moment très éprouvant, un devoir civique auquel on ne peut se soustraire malgré toute la difficulté de la tâche.
« J'ai dit la vérité sans haine et sans crainte » |
Titre
Sans Haine et Sans Crainte
Auteur
Christine BRIDAULT
Edition
Calmann-Lévy
Année
2007
Notation
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