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Présentation succincte des Amognes

Page rédigée par : Paul de Haut et Augustin Vagne.
Ce patrimoine commun est le vôtre, toute précision complémentaire sur notre histoire sera accueillie avec intérêt !


Le canton de Saint Benin d'Azy comprenait 16 communes soit 5.361 habitants au total (*) ; nous y avons ajouté Bona et Ourouer, puis Balleray qui faisaient partie historiquement des Amognes.
Nous avions anticipé son évolution, puisqu'en 2015 les Amognes ont été intégrées au nouveau canton de Guérigny qui regroupe maintenant 33 communes.

Evolution de la population :

1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2012 *
5107 5463 4908 4872 5110 5023 5297 5361


En cliquant sur son nom vous obtiendrez la présentation de celle qui vous intéresse.

Anlezy, Balleray, Beaumont Sardolles, Billy Chevannes, Bona, Cizely, Diennes Aubigny, La Fermeté, Fertrève, Frasnay Reugny, Limon, Montigny aux Amognes, Ourouër, Saint Benin d'Azy, Saint Firmin, Saint Jean aux Amognes, Saint Sulpice, Trois Vèvres, Ville Langy.



Tout a commencé par la conquête de notre pays par les Gaulois. Très organisés, ils ont divisé le pays en régions, confiées chacune à un peuple (pour nous, les Eduens) qui en était collectivement propriétaire, et subdivisées en pays (tiens, voilà une idée nouvelle à la mode qui ne date pas d'hier !).
Les Amognes, le Bazois, la Puisaye et bien d'autres témoignent encore de cette organisation. Chaque pays était constitué d'un certain nombre d'exploitations agricoles assez importantes dont la gestion sera confiée à un seigneur Gaulois qui doit verser un fermage à la collectivité, mais on pense que la propriété privée n'existait pas ou peu. C'est la conquête romaine qui va la développer et, tout en conservant l'essentiel, mettre en place ce qui constitue, encore à l'heure actuelle, notre système foncier. L'initiateur de ces réformes, poursuivies par Auguste, n'est autre que notre ami Jules César, dont le prénom était Caius - et non Jules - et le nom de famille Julius, et non César.

Le nom des Amognes est évoqué pour la première fois en février 706 par Fortunat, sous la dénomination « Pagus Amoniensis », dans « La vie de St-Germain, évêque de Paris ».
Au VIIé siècle,
c'est juste une petite contrée du Nivernais qui comprend une partie des pagi de Nevers et d'Avallon, nous apprend le cartulaire de l'Yonne qui en 721 cite : "In pago Avalinse et Nivernense sive Ammonias" (Massé 1912).
Ensuite, Guy Coquille établit que "Les Amognes" désigne une des huit contrées de la province du Nivernais ; selon lui, ce nom, d'Amognes signifie « La terre aux moines », tandis qu'en latin « Alimonia » signifie "Nourriture" ; mais Massé n'est pas d'accord, qui lui préfère une origine qu'il fait remonter à "Amon", la divinité égyptienne la plus importante généralement associée au vent ou aux choses cachées... puis du qualificatif "amonias" ou "Ammonias" signifiant casas ou villas...
Peu importe d'ailleurs, ce nom est beau, sonne bien et nous a une connotation de terroir qui représente bien notre territoire.

Ce bassin argilo-calcaire, délimité par de hautes buttes boisées fut de tous temps renommé pour sa fertilité. C'est à la richesse du sol que certains auteurs expliquent l'origine de son nom.
Les hauteurs forment des plateaux boisés, en contrebas, les pentes marneuses sont aujourd'hui des prairies. La douceur des paysages, avec de nombreuses rivières, de grands domaines, des villages aux belles églises souvent romanes, est très caractéristique.

Selon Guy Coquille, Le pays des Amognes, recouvrait un territoire plus étendu auparavant, puisque les communes de : Rouy, Corbigny, La Charité-sur-Loire, Bona et Balleray (en partie) le constituaient aussi.

Beaucoup de noms de communes se terminant par "y" le doivent au suffixe gaulois "acos".

Le Nivernais n'a pas toujours été le verdoyant paysage que nous connaissons aujourd'hui ; au début du XIXe siècle, les Amognes était un pays « à blé et à vigne ».
Dans tous les cantons, les terres étaient 4 à 5 fois plus nombreuses que les prés. La progression des herbages, ininterrompue pendant 2 siècles (1770-1970) s'est faite parallèlement à celle du bétail blanc Charolais.

Partout où il existe un oratoire (ou Orathorium) on peut avancer que l'endroit était habité.
De nombreuses chapelles y sont édifiées (dont certaines deviendront des églises) presque partout où existe un château ou demeure seigneuriale autour desquels sont regroupées un certain nombre d'habitations abritant d'ordinaire des familles de paysans ou serfs attachés, selon la loi féodale, à la terre qu'ils cultivent, et pour laquelle ils payent une redevance.

Il est intéressant de savoir que pendant longtemps les évèques, qui étaient élus par les fidèles, avaient coutume de se montrer au peuple après leur nomination, juchés sur une chaire portée fièrement par les 4 premiers barons de l'évéché.

Sous l'Ancien Régime, il n'y avait pas de vie municipale puisque c'était chacun des propriétaires des différentes paroisses qui administraient ses biens selon son bon vouloir.
Toutes les personnes et les bêtes vivant sur leurs terres faisaient également partie de leur patrimoine avec pour seule contrepartie d'avoir à leur assurer la sécurité.
C'est l'Eglise qui, à partir du XVIe siècle, s'appliqua à différencier enfin hommes et animaux avec notamment l'institution d'un état-civil recenssant : baptèmes, mariages et enterrements.

Concernant les titres des personnages associés aux différents fiefs régnant sur les Amognes, il faut savoir que beaucoup d'entre eux - riches bourgeois - se sont anoblis par la seule acquisition de fiefs comportant "de la noblesse" au profit de leurs possesseurs, en ajoutant à leur nom celui de leur terre.

Pour mieux comprendre l'histoire locale des Amognes, il faut avoir en tête le régime "des biens sectionaux" remontant à l'époque médiévale ou à l'Ancien Régime, qui régit des biens communs ou communaux constitués de terrains, de bois, d'étangs ou même de bâtiments, arrachés de haute lutte à la puissance féodale ; ces régimes ont été l'occasion d'anciens et nombreux contentieux...
C'est l'ordonnance royale de 1669 "sur les fait des eaux et forêts" qui va préciser cette règle en édictant une présomption légale de propriété des "bois, prés, marais, landes, bruyères et grasses pâtures" en faveur du seigneur, à charge pour les habitants d'apporter la preuve contraire."
Cette disposition ne les privait de l'usage de ces biens, mais de d'établir un droit de propriété du seigneur assorti d'un droit de prèlever une part des revenus générés par ces biens.
Le 10 juin 1793, un nouveau décret redéfinit les "biens communaux ou sectionaux" comme un droit d'usage collectif dévolu à tous les habitants d'une ou plusieurs communes en précisant que les communautés propriétaires forment une "société de citoyens unis par des relations locales".
Longtemps, dans cette économie rurale et pour des personnes qui n'avaient pas les moyens d'être propriétaire, les biens communs sont un moyen de subsistance en nature : bois de chauffage ou de construction, cueillette des champignons des fruits et des baies, pêche, pâture des bêtes, ressource en eau.

Le patois local est l'amognard, dérivé du morvandiau, et les traditions, issues à la fois de la Loire et du Morvan, sont encore très vivaces.

Région d'agriculture et d'élevage, le pays des Amognes, qui correspond approximativement aux cantons de Guérigny et Saint Benin d'Azy, recèle de nombreuses fermes aux allures caractéristiques du Nivernais.
Les grands domaines se composent de plusieurs bâtiments dont souvent une grange étable avec un porche avancé typique des constructions de la région.

Les fermettes, plus modestes, sont formées d'un bâtiment unique se composant d'une partie habitation, d'une partie exploitation et sur toute la longueur du bâtiment d'un grenier qui sert à entreposer le grain et le fourrage.

Le corps principal est presque toujours flanqué, depuis la Révolution, d'un « toit à cochons » (ou pente à cochons) et d'un four à pain.

Les ouvriers agricoles de toute cette région ne trouvent à s'occuper en hiver que comme bûcherons dans les bois. Pendant longtemps, les marchands de bois ont profité de cette situation en ne leur accordant qu'un salaire dérisoire (0,80 centime par jour, en moyenne !), insuffisant pour le faire vivre, lui et sa famille.
Cela aboutit en 1893 à une grève presque générale dans le département de la Nièvre et à la constitution des premiers syndicats.
Si bien qu'en 1912, ils gagnent en hiver une moyenne de 2 francs, et en été jusqu'à 5 francs par jour.
Malgré tout, attirés par de meilleurs salaires et par des conditions de vie plus faciles, les ouvriers vont migrer vers les villes et les usines nées de l'essor industriel.

La Forêt des Amognes compte 1500 ha, principalement plantés de chênes et de hêtres ; les résineux, tel que le Douglas, y ont fait leur apparition depuis quelques décennies. Le gros gibier à poil qu'on y rencontre est surtout constitué de cerfs et de sangliers.
Elle fut le théâtre de violents affrontements entre maquisards et occupants lors de la seconde guerre mondiale.
Voir notre musée virtuel

En 1612, le juriste nivernais Guy COQUILLE, décrivait ce " Pays des Amognes qui est territoire fort fructueux en blés..." Il citait aussi les paroisses qui en faisaient partie : "...auxquels appartiennent les paroisses de Montigny, St-Jean de Liche, St-Père à Ville, Lichy, Ourouër, St-Sulpice le chastel, esquelles paroisses est le vray territoire des Amognes... et proximités de ce territoire et presque en même assiette sont les paroisses de Baleray, Cigongnes, Vuez, Bona, Sardolles, Beaumont sur Sardolles."

Bibliographie

Inventaire des Monuments Historiques de la Nièvre
Archives de la Nièvre
Histoire de St. Benin d'Azy - Paul, Jean et Henri Drouillet (Guenegaud)
Les Amognes - Collection "Mémoire en images" - Paul de Haut & Augustin Vagne (Alan Sutton 2004) ill. 128 p.
Sonnailles et fredons, poésies en parler d'Amognes - Jean Drouillet (Delayance 1948)
Glanes nivernaises, souvenirs des Amognes, St-Benin d'Azy, Segoule - Paul, Jean et Henri Drouillet (Editions de la Revue du Centre 1932)
L'agriculture dans la région des Amognes à la fin du 18éme siècle, d'après la relation contemporaine inédite de Jean-Claude Flamen d'Assigny - J. de Terline (Imprimerie de la Nièvre 1927)
Un petit pays du Nivernais, les Amognes (Annales de géographie - 1926 pp. 236 à 244)
Esquisse archéologique des principales églises du diocèse de Nevers - Bourassé (Nevers - Fay 1844
Statistique monumentale du département de la Nièvre - De Soultrait (Nevers - Bégat 1851)
Folklore du Nivernais et du Morvan - Jean Drouillet (Editions Thoreau)
Le Général Sorbier, ancien camarade de garnison de Napoléon - Louis-Mathieu Poussereau (Imprimerie de la Nièvre 1925)
Histoire du pays et du Duché du Nivernais - Guy Coquille
Le patrimoine des communes de la Nièvre - Bourgogne (Flohic).
Châteaux en Nivernais - Raymond Colas (France Empire)
Le guide des Châteaux de France - Nièvre - Raymond Colas (Hermé - 1986)
Architecture religieuse du Nivernais au Moyen-Age - Marcel Anfray (Editions Picard - Paris 1951) Les églises romanes (Préface de Marcel AUBERT) Illustré de 51 figures dans le texte, 60 planches hors-texte et une carte.
La Nièvre en 1881 - Adolphe Joanne (Hachette 1994)
Petite histoire du Nivernais - Elicio Colin (première édition en 1901 réedité en 1998 par les Editions du Bastion) ill. 208 p.
Nivernais Morvan au quotidien (1939 - 1945) - Paul de Haut (Edition Alan Sutton - 2008) ill. 256 p.
Le canal du Nivernais - Paul de Haut (Edition Alan Sutton - 2010) ill. 160 p.
Nevers au fil de l'eau - Paul de Haut (Edition Alan Sutton - 2012) ill. 128 p.
Histoire du Nivernais - André Leguai et Jean-Bernard Charrier (CRDP de Dijon – 1972)
Humour en Nivernais - Jean Drouillet (Christine Bonneton Editeur - 1982 - Le Puy)
La Nièvre à travers le passé - Amédée Julien (1883) Broché
Récits et Contes populaires du Nivernais - Achille Millien et G. Delarue (Nrf - Gallimard)
Légendes nouvelles du Nivernais et du Morvan - Philippe Landry (Masque d'Or)
Le Nivernais pendant la Guerre de 100 Ans - H de Flamare (le XVe siècle – Tome 1)
Le Nivernais, les paysages, les hommes et leurs activités - Jean-Bernard Charrier (1981)
Nivernais et Morvan d'autrefois - Jean-Pierre Harris (Collection Vie quotidienne autrefois - 1981) Broché
Canton de Pougues (monographies nivernaises) - Alfred Massé - Ropiteau Editeur - 1912 relié, 640 p.
Souvenirs du bon vieux temps dans le Nivernais - A. Jaubert (Duclos)
L'architecture rurale française, Bourbonnais, Nivernais - J. Guibal (Berger-Gurault)
Nivernais Morvan (Christine Bonneton Editeur)
Le Nivernais et la Nièvre - Commandant Surugue (Imprimerie de l'Est)
Observations sur les parlers du Nivernais et du Morvan - Jean Drouillet
Folklore du Nivernais et du Morvan - Jean Drouillet (Thoreau - La Charité 1959)
La Dame de Valotte - Marie Dorothée de Croÿ (auto-édition - 1996)
Petite histoire de la forêt nivernaise - H. Megrot (Nouvelles Editions Latines)
La Nièvre au point de vue agricole - Joseph Imbart de la Tour (G. Vallière - Nevers 1908)
Vieux Souvenirs de veneurs du Nivernais et du Bourbonnais - Comte de Marcy (1934)
Notice historique de Billy-Chevannes - M.V Gueneau (percepteur de St-Benin) Archives de la Nièvre - 1879 - Nw.590.
Figures du Morvan par Bernard Follis (Camosine N°97 - 1999)
Etude Morphologique sur les pronoms personnels dans les parlers actuels du Nivernais - Jean Marie Meunier (Editions H. Champion - Paris 1912)
Bourgogne - Guides Bleus (Hachette).
Le Morvandiau de Paris (Revue mensuelle fondée en 1924 - Paris)
Châteaux et Manoirs du Nivernais - tome 1 (Camosine - 2003)
Châteaux et Manoirs du Nivernais - tome 2 (Camosine - 2004)

Parler Brinon, petit glossaire de langue nivernaise - Patrice-Hervé Pont, ill. Bernard Follis (Camosine N°148 - 2012)

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