Jean-Baptiste Harang, d'origine nivernaise par sa mère, est journaliste à Libération ; il a reçu pour cet ouvrage le prix Inter 2006.
« Il fallait que je raconte mes racines », confiait-il à la presse, alors qu'il était Président du Salon des Auteurs Nivernais 2006.
Il nous raconte sa maison de famille à Dun-le-Palleteau (actuellement Dun-le-Palestel) dans la Creuse, chargée de mystère et de secrets.
Pièce après pièce (la maison en compte huit), du rez-de chaussée à l'étage en nous racontant l'escalier, l'auteur nous parle de son grand-père Maurice Harang (Chef de gare), du cousin Arthur, du monstre gluant et verdâtre qui hantait la maison à la nuit tombée, et qui terrorisait son petit monde.
Mais un terrible secret n'a jamais quitté cette maison et en imprègne les murs ; ce secret est celui de la naissance de son père.
On découvre que celui-ci n'a que quatorze ans de différence avec celui qu'il appelle « papa ».
Qui est son véritable père ?
Serait-ce un certain Muller, artiste, dont les oeuvres recouvrent les murs de la maison ?
La vérité se cache dans le grenier, endroit idéal pour l'oubli, l'oubli des choses, des noms, des identités, tout ce qui n'a plus de raison d'être, qui ne sert plus à rien.
Elle est tapie dans les cahiers d'écolier d'un certain Raymond Quisserne.
Ce dernier, né de père inconnu, est reconnu par Maurice Harang lors de son mariage avec Marie-Adèle Quisserne.
A la mort de son père Raymond Quisserne (Harang), l'auteur connaîtra enfin le nom de son véritable grand- père : le Docteur Goigoux.
A la fin de la visite nous arrivons dans la chambre de la Stella, interdite aux enfants, mais dans laquelle dormit J.B Harang le soir de l'enterrement de son père.
Au-dessus du lit, se trouvait une gravure coquine, représentant «une jeune fille pétulante de santé, allongée sur son lit.. un homme âgé et binoclard, une sacoche de cuir posée sur le chevet s'apprête joyeusement à poser sa joue sur le ventre de la jeune fille ».
Le titre de la gravure est « la visite du docteur ».
L'auteur a tant de choses à nous dire, qu'il nous met dans la confidence de ce terrible secret pour enfin évacuer sa souffrance, ses doutes, ce poids lourd à porter qu'est ce mystère qui a fait la vie de son père qui a toujours choisi le silence.
Merci Monsieur Harang pour cette confession, ces moments privilégiés que vous nous faites partager.
Ce roman « contractuel » comme vous le dites et très intimiste, vous a permis de raconter vos racines, de libérer votre coeur, et nous a fait passer un très agréable moment en votre compagnie.
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Titre La Chambre de la Stella
Auteur
Jean-Baptiste HARANG
Edition
Grasset
Année
2005
Notation
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